[2 Septembre 2009 - ] -
NDLR:Technicienne en écologie appliquée, la Magnymontoise Marie-Claude Martin a vécu une expérience unique sur l`île Bylot en compagnie d`une équipe de chercheurs de l`Université Laval. Cette île de l`archipel arctique canadien, située au large de l`extrémité nord de la Terre de Baffin dans le Nunavut, héberge une grande population d`oiseaux, dont les oies blanches. Cet été, Marie-Claude Martin a écrit à L`OIE BLANCHE et a raconté la vie sur cette île nordique. On vous présente cette semaine sa toute dernière chronique. À noter qu`on peut lire tous ses reportages des éditions précédentes au www.oieblanc.com. À surveiller également les conférences que donnera Marie-Claude en octobre au Centre des migrations de Montmagny. (S.F.)
Île Bylot, 20 août 2009.
Le soleil brille sur le glacier, le ciel est bleu sans nuage et une brise froide souffle du nord. Il y a des familles d`oies partout autour du camp. Les jeunes oisons ont commencé leur entraînement en vue de leur première migration.
Avec les forts vents des derniers jours, nous avons été témoins de leur apprentissage et de leur premier envol. Ils sont maladroits, leurs ailes semblent trop longues et encombrantes. Les familles gravissent les collines et, face au vent, elles décollent pour venir se déposer sur le lac. Leurs atterrissages sont souvent très malhabiles et donnent lieu à des scènes fort cocasses.
Depuis deux jours, l`équipe fonctionne en mode fermeture du camp. Après avoir fracassé un record de baguage avec une nouvelle marque de 5 417 oies nouvellement baguées, nous avons procédé aux derniers échantillonnages de plantes, au grand ménage et maintenant à l`inventaire. Ce soir, nous dormirons sous la tente pour la dernière fois. Nous avons hâte de retrouver le confort de notre lit.
Depuis quelque temps, le soleil se couche derrière les Montagnes noires créant une certaine pénombre bien que ce soit encore trop clair pour distinguer les étoiles. Les nuits sont soudainement devenues plus froides et nous avons connu une première grosse gelée au matin.
L`été a passé comme un coup de vent! Dix semaines et autant de douches... à bien y penser ça ne sent pas seulement la fin! Avec des matins comme celui d`aujourd`hui, nous voudrions tous rester un peu plus longtemps, mais déjà des signes avant coureur de l`automne se sont manifestés. C`est notre migration à nous qui doit s`amorcer si on veut assister à l`arrivée des premières familles d`oies sur les battures du fleuve Saint-Laurent. Nos valises sont commencées et nous rêvons déjà aux retrouvailles avec nos familles.
Nous espérons qu`une fois au sud, l`été se prolonge un peu pour pouvoir profiter de la chaleur, des légumes frais du jardin, d`un savoureux BBQ et peut-être d`une première bonne crème glacée de lanne. Ce sera agréable de revivre la noirceur, de veiller sous les étoiles autour d`un vrai feu de camp plutôt que du feu de poubelles près de l`incinérateur à déchets.
Deux jours plus tard, c`est la course dans les aéroports pour ne pas rater les correspondances des nombreux vols qui nous ramènent à Québec. Nous nous sentons un peu dépaysé, un peu sauvage: il fait trop chaud, il y a trop de bruit, trop de monde, il nous faut réapprivoiser vite le retour à la civilisation. C`est une belle saison qui se termine et il n`y a rien comme de rentrer chez soi.
Je sais que vous avez suivi avec beaucoup d`intérêt mes différents reportages au cours de l`été. Vos bons mots ont su se rendre jusqu`à moi dans l`Arctique. Dans les prochaines semaines, je ferai de l`ordre dans mes nombreuses photos pour vous préparer une activité qui coïncidera avec le retour des oies à l`automne.
Je vous proposerai alors une rencontre amicale toute en images et cette fois, avec plus de 450 mots... Vous découvrirez la beauté de l`île Bylot, la richesse de sa faune et la vie bien particulière au pays des oies. Ce sera donc un rendez-vous le 10 octobre à 19h30 et le 11 octobre à 13h30 à la salle François-Prévost du Centre des migrations.
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